Iris LORE

Inversement, mais plus encore


Tout le travail d'Iris Lore ne cesse d'osciller entre plusieurs pôles : le positif et le négatif, le vide et le plein, la présence et l'absence, le manque et son complément, l'image unique et la séquence, le singulier et son double, l'envers et l'endroit, le noir et le blanc.

Comme chacun sait le noir et blanc est fait de nuances, jamais pareilles de l'une à l'autre, des unes aux autres. C'est entre ces nuances que se deploie son œuvre, jouant volontiers de l'ellipse. Des pistes sont lancées, de fugitifs prémices s'immiscent, des éléments transparaissent, reste au visiteur à combler les manques, à déjouer les pièges, à prolonger les amorces visuelles d'un travail dont on devine le potentiel en devenir.

C'est ce qui fait sa richesse et sa difficulté d'interprétation, comme ces lamelles plaquées d'argent qui font office de miroirs fragmentés dont on sait qu'en temps normal ils ne reflètent pas toujours la réalité. Ici, leur fragmentation empêche littéralement de s'y retrouver et nous renvoie à de fragiles éclats de notre environnement. Il en devient fugace et anonyme comme ces photos qui servent de point de départ au travail d'Iris Lore. Elles aussi, quelles bribes d'histoire nous racontent-elles ? Peu importe en définitive, car le propos n'est pas là. Si ce n'est qu'elles sont le prélude à un travail introspectif qui se dissimule derrière une rigueur de composition dont seules les séquences permettent de saisir toutes les nuances.

Bernard Marcelis.