PAST EXHIBITION :

THE BIRTH OF TRAGEDY

Léa BELOOUSSOVITCH
Gustavo RIEGO
Boris THIEBAUT

28.04 > 01.07.2017
Au départ du travail de Léa Belooussovitch il y a une action dramatique qui a existé au préalable et que les médias ont relaté. Ce drame n’est pas placé au premier plan mais bien au second, voire à un niveau plus intime, juste derrière la surface de l’oeuvre. Une des matières de prédilection de Léa Belooussovitch est un feutre industriel qu’elle découpe en morceaux rectangulaires. Le format des dessins est déterminé en fonction de la taille de sa photographie d’origine : dans un rapport d’agrandissement proportionnel. L’image d’origine, puisée dans l’actualité et mettant en scène des victimes, est recadrée puis reportée sur le feutre par un travail de dessin à main levée, au crayon de couleur. La forme qui émerge nous apparaît floue, à la limite du reconnaissable, tout en livrant des indices d’une violence sous-jacente (…). (extrait d’un texte de Yoann Van Parys)
 
Gustavo Riego découpe au cutter des images de catastrophes naturelles dans les pages de cotations financières des journaux. Grâce à ce procédé, il établit une double lecture critique de l’actualité en créant un chiasme entre ces deux dimensions. Il obtient ainsi un regard critique et plastique sur l’actualité. Ce travail donne une vision trouble et simultanée, bien que très précise, de l’enfer économique et humain qu’engendrent des catastrophes et des paradis artificiels, issus de nouvelles sortes d’image d’épinal du tourisme de masse dont on nous fait aujourd’hui l’apologie. Ce sont à chaque fois des contre-images qui produisent, de manière oblique et à travers un calme apparent, la sensation d’un malaise d’une extrême brutalité qui déplace les catégories habituelles de la pensée et de la perception. (…) (extrait d’un texte de Victor Hugo Riego)
 
Le travail de Boris Thiébaut a cette faculté de rassembler en un ensemble cohérent des éléments disparates ou éloignés, voire a priori étrangers l’un à l’autre. Ses œuvres peuvent alors s’appréhender comme ces moments de rencontres improbables, où des fragments empruntés à des compositions plus anciennes croisent les développements de registres graphiques variés (traits dessinés, signes typographiques normalisés, effacements à la gomme, etc.), ou des formulations plastiques contemporaines. Ainsi, des reproductions de détails des gravures anciennes naissent de l’effacement à la gomme d’un fond crayonné ; lui même obtenu par un réseau dense de traits libres, presque inconsciemment griffonnés par l’artiste, en réminiscence à ses travaux précédents, alors inspirés par les doodles. (…) Liberté gestuelle et maîtrise technique, raccourci du couple passion et raison, se télescopent ainsi pour donner forme à une figure mythologique ancienne, qui vient se confronter à la planéité autoritaire des formes rectangulaires noires, symbole d’un modernisme qui n’en finit pas d’hanter la production artistique actuelle. (…) (extrait d’un texte de Pierre-Olivier Rollin)