PAST EXHIBITION :

Frederic FOURDINIER
IN MEMORIAM
Jan.12th - Feb.11th, 2012

 Frédéric FOURDINIER / IN MEMORIAM (jan.–fev. 2012)
 

Le travail de Frédéric Fourdinier est axé sur le paysage et les éléments qui le constituent. L’intérêt qu’il porte à ce dernier l’invite à l’envisager sous plusieurs angles : territoire, impact environnemental, monde végétal, milieux naturels et construits. Par le biais de différents médiums (dessin, installation, vidéo, photo, son), il propose de questionner notre rapport à la nature et la manière dont nous intervenons sur celle-ci.

Pour cette première exposition à la galerie ANYSPACE, Frédéric Fourdinier présente en vitrine un texte en néon vert sur fond sombre : WE COME FROM NATURE, BUT... On retrouve ici l’idée de confrontation entre une technologie industrielle et l’idée de nature dans la société contemporaine. Une cohabitation parfois étrange et souvent problématique. Le fait que nous venions de la nature est une évidence, mais qui est malmenée par la notion de progrès.
 
Dans l’exposition, il présente une vidéo intitulée Feller buncher. Le titre évoque ces machines robotisées qui abattent et débitent les arbres à très grande vitesse dans l’exploitation forestière. L’artiste a traité le sujet avec le filtre de l’imagerie des guerres contemporaines ; la « vision nocturne » teintée de vert rendue célèbre par la médiatisation de la première guerre du golfe. Frédéric Fourdinier cherche à évoquer par la métaphore la guerre écologique engendrée par le conflit d’intérêt entre l’industrie et la nature. Selon la FAO, environ 13 millions d’hectares de forêts disparaissent annuellement sur Terre. C'est l'équivalent de la surface de l'Angleterre
 
Au mur sont présentés une série d’aquarelles en diptyque. A gauche, un paysage « naturel », à droite, un paysage industriel. Les paysages « naturels », composés d’arbres morts, ont été inspirés par des arrière-plans de photos de champs de bataille de la première guerre mondiale. Les paysages industriels évoquent l’extraction de matière première dont on sait aujourd’hui quelles peuvent être les conséquences dramatiques sur l’environnement. Paradoxalement, cet âge d’or de l’industrie aujourd’hui révolu en Belgique est le symbole de sa prospérité à une époque et de son déclin aujourd’hui.
 
Au sol, une installation, clin d’œil à l’art minimal, est constituée d’un alignement de bûches qui évoque également des ossements. Elles ont la particularité d’avoir été entièrement traitée par la main de l’homme. Elles sont minutieusement polies, tout en conservant leur forme naturelle et leur écorce a été remplacée par une couche de peinture blanche. L’évocation d’un rapport particulier entre l’homme et la nature, la volonté d’aseptisation de celle-ci, de rigueur, d’ordre et de maîtrise du milieu naturel.
 
A travers cette exposition, on retrouve donc, en filigrane, cette idée de rapports ambigus et tendus entre l’Homme et son milieu. Conciliation difficile entre l’idée de progrès, d’évolution technologique et sociale et un environnement limité et pourtant nécessaire à la survie même de l’humanité. « Ce travail relève d’une démarche politique déployée en des termes poétiques, ainsi que sont parfois plus évocateurs et porteurs des moyens détournés de leurs fins. (…) .La nature a toujours été un sujet de prédilection pour les artistes. Elle fut le support tantôt de modes de représentations du monde tantôt d’expressions d’idées ou de sentiments : elle fut une borne à l’aune duquel l’homme tâcha de se mesurer, ce afin d’évaluer tant sa condition que le temps et l’espace qui lui étaient impartis. » (Yoann Van Parys)