Boris THIEBAUT

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Boris Thiébaut. Non-histoire discontinue       
(par Pierre-Olivier Rollin)                                                                                     

Le travail plastique de Boris Thiébaut peut suggérer des rapprochements avec d’autres constructions éclatées, à la manière des écrits de William S. Burroughs. Certes, entre l’univers halluciné produit par les psychotropes et les emprunts à une histoire classique de la gravure et du dessin (Hendrik Goltzius, Jacques Callot), les accointances ne sautent pas immédiatement aux yeux ; mais le travail de Boris Thiébaut a cette faculté de rassembler en un ensemble cohérent des éléments disparates ou éloignés, voire a priori étrangers l’un à l’autre. Ses œuvres peuvent alors s’appréhender comme ces moments de rencontres improbables, où des fragments empruntés à des compositions plus anciennes croisent les développements de registres graphiques variés (traits dessinés, signes typographiques normalisés, effacements à la gomme, etc.), ou des formulations plastiques contemporaines.
 
Ainsi, dans ses dernières séries, des reproductions de détails des gravures anciennes naissent de l’effacement à la gomme d’un fond crayonné ; lui même obtenu par un réseau dense de traits libres, presque inconsciemment griffonnés par l’artiste, en réminiscence à ses travaux précédents, alors inspirés par les doodles. Le geste quasi automatique qui déroule les doodles ou les hachures se confronte ensuite à la rigueur maniériste d’un second geste, d’effacement cette fois, qui enfante le formes reconnaissables. Le fond des dessins peut ainsi évoquer une forme d’écriture hallucinée, produite sous influence ; tandis que la technique de gommage s’apparente au geste méticuleux du graveur qui burine sa plaque. Liberté gestuelle et maîtrise technique, raccourci du couple passion et raison, se télescopent ainsi pour donner forme à une figure mythologique ancienne, qui vient se confronter à la planéité autoritaire des formes rectangulaires noires, symbole d’un modernisme qui n’en finit pas d’hanter la production artistique actuelle.  
 
Le travail de Boris Thiébaut se construit ainsi comme un « montage par superposition », pour reprendre l’expression qu’utilise Jean Arnaud. Cette technique permet de « traduire variablement une durée stratigraphique ou un espace-temps psychique, entre transparence et opacité (…) L’espace plastique ainsi feuilleté permet de confondre diverses durées dans un seul présent apparent de la fiction et le spectateur doit ordonner arbitrairement ce qui est dessus ou dessous, avant ou après, pour construire lui même le récit. »(1)  Les univers de Burroughs et de Thiébaut sont donc peut-être moins éloignés qu’un premier abord le laisserait penser ; l’un comme l’autre se rejoignent encore sur la mise en forme de nouvelles modalités de récit.
 
Evidemment, il ne s’agit ni pour l’un, ni pour l’autre, de s’inscrire dans une narration linéaire, posant la maîtrise d’un continuum spatio-temporel, mais bien d’autres structurations de récit, davantage éclatées, obligeant le spectateur-lecteur à retisser les fils lâches de multiples narrations dispersées et juxtaposables. Exercice plus complexe pour nos habitudes d’entendement formatées par la communication de masse, mais probablement mieux adapté aux besoins de notre époque tourbillonnante. Le premier grand théoricien des médias, Marschal McLuhan, notait d’ailleurs que « Si l’existence collective doit être transcrite sur papier, il faut employer la méthode de  “non-histoire discontinue” ». Et c’est bien de cette « non-histoire discontinue » dont traitent in fine les dessins et installations de Boris Thiébaut.
 
Pierre-Olivier Rollin
 
 
(1) Jean ARNAUD, « Les vêtements de l’Histoire. Sigmar Polke, Jean-Luc Godard et le montage par superposition », in Sylvie COËLLIER, Le Montage dans les arts aux XXe et XXIe siècles. Actes des Journées d’Etudes du 27 et 28 octobre 2006, Université de Provence, Coll. « Théorie et pratique des arts », 2008. 

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(EN)
Boris Thiébaut remains faithfully loyal to a fixed choice of materials , dimensions, and page layout. With a fine sense for -typographic- design he connects, in his drawings, out-of-context doodles with details from etched historical scenes. He always manages to reach a symbiosis of opposites within the confines of the paper base. It is one of his most important stylistic characteristcs . In essence he creates a dialogue between earlier, self-drawn notes with cut-outs of sixteenth century engravings. The hatchings, typical of this technique, are enlarged and coloured in like planes while the stains of his doodles in the enlargement are filled in with pencil lines. Copied details from the work of other -dead- artists are given as much importance as his own re-used old logo and boredom drawings.  The drawings are as it were a collection of "appropriations" of fragments from his own and the collective memory.

In the drawings of Boris Thiébaut, details from the past are integrated in a contemporary environnement through the use of timeless materials. A few years ago, the artist started using the space outside of the picture plane. His first black and white wallpaitings consisted of extremely enlarged sections of etchings by Jacques Callot and Hendrick Goltzius. Through the enlargement, the lines of the old engravings became planes in a abstract network. It is hard to deduce the origin of the picture from what is presented here. These floor-to-ceiling sized logos became backgrounds (décor) for a serie of drawings. Aside from this evolution, current affairs are given more and more importance in his young oeuvre. In recent work made for the public space, the artist has incorporated traces from contemporary youth culture, such has graffiti and sprayed-on slogans, in an artistic commission assignement.
 
(NL)
Boris Thiébaut blijft trouw vasthouden aan eenzelfde materiaalkeuze, dezelfde formaten en een gelijkaardige bladvulling. De tekeningen balanceren op de grens van mogelijkheden en beperkingen van verschillende media en vakgebieden en ze getuigen van een betrachting om deze diversiteit in één geheel te laten bijeen komen. Met een verfijnd gevoel voor –typografische- vormgeving verbindt hij uit hun context gehaalde droodles met détails uit geëtste historische taferelen. Thiebaut slaagt er steeds in om een symbiose te bereiken tussen tegengestelden binnen de begrenzing van de papieren drager. Het is één van zijn belangrijkste stijlkenmerken. In essentie komt het erop neer dat hij vroegere, zelf neergekrabbelde notities laat dialogeren met uitsneden van zestiende eeuwse gravures. De arceringen die typisch zijn voor deze techniek worden opgeblazen en ingekleurd als vlakken terwijl vlekken van zijn eigen droodles in de vergroting worden opgevuld met potloodlijnen. Gekopieerde détails uit het œuvre van andere –dode- kunstenaars krijgen eenzelfde waarde als zijn hergebruikte eigen oude logo- en vervelingstekeningen. De tekeningen zijn als het ware een verzameling ‘appropriations’ van fragmenten uit het eigen en collectieve geheugen.

 In de tekeningen van Boris Thiebaut worden détails uit het verleden door middel van tijdloze materialen geïntegreerd in een hedendaagse vormgeving. Een paar jaren geleden begon de kunstenaar ook de ruimte buiten het betekende vlak te gebruiken. Zijn eerste zwart op wit muurschilderingen bestonden uit sterk opgeblazen delen van etsen van Jacques Callot en Hendrik Goltzius. De lijnen van de oude gravures werden, door het uitvergroten, vlakken in een abstract netwerk. Uit wat men ziet kan men zich moeilijk de originele oorsprong voorstellen. Deze zich van vloer tot plafond uitstrekkende logo’s vormden de achtergrond (decor) voor een serie van zijn tekeningen.
Naast deze evolutie krijgt ook de actualiteit meer en meer impact in het jonge œuvre. In recent werk voor de publieke ruimte heeft de kunstenaar sporen uit de hedendaagse jongerencultuur, zoals graffiti en gespoten slogans, in zijn kunstopdracht geïncorporeerd. 

Jan De Nys, may 2010

Boris THIEBAUT (°1981, BE)
lives and works in Brussels.
Resident at MAAC (Maison d'Art Actuel des Chartreux) until March 2013.
  
EXHIBITIONS

2017
The Birth of Tragedy, Frederic Collier, Brussels

2016
Uchronies, exposition collective, BPS22, Charleroi

2015
Les Mondes Inversés, exposition collective, BPS22, Charleroi
Acid drops in a zen garden, avec M.Berlanger, O.Tuazon, B.Lavier, M.Mazzoni, P.Vermeersch @ Frédéric Collier, Brussels

2014
Sauce Lapin avec Max Frank & Anne Bossuroy, galerie Nicolas Silin, Paris 

2013
Anyspace Gallery (solo), Brussels
Acid Music & Dutch Manierism, Maison d'Art Actuel des Chartreux, Brussels
 
2012
Extended Drawings, group show with Franziska Furter and Diogo Pimentao (curated by Pierre-Olivier Rollin), CAB Art Center, Brussels
With Hendrick Goltzius (La Chute de Tantale), Or Nothing, Brussels
Dessins, Baronian_Francey Gallery-Project Room, Brussels
 
2011 
X3, Musée Ianchelevici, La Louvière 
Pole Gry/Le Terrain de Jeu, Zacheta National Gallery, Warzaw
 
2010
Fake !, Stedelijke Museum, Aalst
Digitalis Off Shore, Mise en doute 11, Bruxelles
En quelques traits, ISELP, Bruxelles
Point of view,  galerie Desimpel, Bruxelles
 
2009
With Hendrik Goltzius, Biennale Watch This Space #5, Musée des Beaux-Arts Tourcoing
With Jacques Callot, Sentiers Rouges 09, Luxembourg
Kunstsalon, Galerie InSitu, Berlin, D
Faux Frères & ... ..., galerie InSitu, Aalst
Salon du Dessin Contemporain, galerie InSitu, Paris
 
2008
Drawings Expanded, Locuslux Gallery, Bruxelles
Prix du Hainaut-Arts Plastiques 08, Musée Ianchelevici, La Louvière
Art’Contest 2008, Galerie BlackBox, Bruxelles
Untitled, SecondRoom, Bruxelles
Palazzo Existencia, le spleen de Gand, Komijnstraat, Gand
 
2007
Art Fair LINEART, Showcase Existentie, Gand
Art Fair LISTE, Galleria Maze, Basel
 
2006 
ERG/Lauréats, ERG, Bruxelles
 
2005 
ERG, Foire Talents, Tour & Taxi, Bruxelles
Concours national Godecharle, Académie des Beaux-arts, Bruxelles
Paximobile avec le collectif Paxilus,  Anciens Abbatoirs, Eupen
 
 
EDUCATION
 
2004 - 2006 
Master, ERG (Ecole de Recherche Graphique), Brussels (painting, drawing, typography)
 
2001 - 2004 
Graduate, Fine Arts Academy, Mons (painting)
 
 
RESIDENCIES / BACKGROUNDS
 
March - July 2009
Residency at Wiels, Center for Contemporary Arts, Bruxelles
 
September - December 2007
Residency Existentie, Gand
 
October 2006 - January 2007
Technical and curatorial internship, Fondazione Sandretto Re Rebaudengo, Torino
 
 
PRIZES
 
November 2008
Prix du Hainaut-Arts Plastiques 08, La Louvière
 
September 2008
Laureate Art’Contest 08, Bruxelles
 
April 2008
Prize Frans Van der Cammen, Merchtem
 
April 2005
Prize Godecharle, Bruxelles
 
 
PRESS
 
I. Lemaître, Du dessin : entre corps et signe décomplétés, FluxNews #52, april 2010
F. Feidler, Une waldschoul pour B. Thiébaut, Sentiers Rouges-Newsletter 03, july 2009
S. Caltagirone, Transmutations graphiques, L’Art Même #43, 2009
C. Dunski, Les dessins spontanés de Boris Thiébaut, Le Soir, december 2008
C. Lorent, Bon cru, La Libre, december 2008
M. Ruyters, Drawings Expanded, H art #45, december 2008
S. Steverlynck, Van Altamira tot heden, Catalogue Existentie Labo V, february 2008